SAMARITAINE (Jean 4,5-9) : LA LIBÉRÉE
Jésus se tenait près du puits,
Quand il vit venir une dame.
L’ayant regardée, il dit :
J’ai soif, donne-moi de l’eau, femme.
Étonnée, elle lui répondit :
Comment oses-tu me parler
Toi, le Juif du peuple ennemi,
Qui nous a toujours méprisés !
Elle a osé le questionner,
Sans nulle crainte d’être aperçue.
À bas l’interdit de parler
À l’autre sexe dans la rue.
Un dialogue s’en suivit,
Entre eux deux, sans aucun témoin.
Très vite, la femme comprit
Que cet homme ne mentait point.
Devinant qu’il était prophète,
Elle accéda à son désir
Elle lui offrit cette eau si nette,
Un geste gratuit de plaisir ![1]
L’eau est source de vie.
Dans les entrailles de nos mères,
L’eau nous a nourries.
Cette richesse universelle, les gens de pouvoir s’en emparent,
L’exploitent à outrance,
La polluent, l’empoisonnent
En font une source de mort
Laissant assoiffés les peuples dominés.
Une brèche a été ouverte par Jésus
À nous d’être créatives comme la Samaritaine
Et d’ouvrir d’autres avenues en harmonie avec la Création.
[1]TAMBOURGI, Aïda. « La libérée » in Le Dieu qui libère – Figures de femmes libératrices dans la Bible, Médiaspaul, 2003, p. 56 et s. Pour cette réécriture, l’équipe a choisi d’utiliser les cinq premiers vers de ce poème.